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Actualités
En France, le génocide est devenu une arme politique
Dimanche 22 janvier 2012

Timothy Garton Ash, The Guardian, 18 janvier 2012.

Le projet de loi français sur la négation des atrocités ottomanes commises contre les Arméniens constitue une atteinte à la liberté d’expression, une parmi beaucoup d’autres à travers le monde.

Lundi 23 janvier, le Sénat français doit voter une loi criminalisant la négation du génocide des Arméniens de 1915, de même que celle d’autres événements reconnus comme des génocides par la loi française. La loi est déjà passée à l’Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement français. Le Sénat devrait la rejeter, au nom de la liberté d’expression, de la liberté de l’enquête historique et de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (« la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux… »).

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Lois mémorielles et clientélisme électoral
Mercredi 18 janvier 2012

Texte d’Esther Benbassa, directrice d’études à l’École pratique des hautes études (Sorbonne) et sénatrice Europe Écologie - les Verts du Val-de-Marne, paru dans Libération le 17 janvier 2012.

Le 23 janvier, le Sénat débattra d’une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien. Présentée par une députée UMP, elle a été votée à l’Assemblée nationale le 22 décembre 2011 par une poignée de députés. La Commission des lois de l’Assemblée avait modifié son intitulé, la répression de la négation du génocide arménien ayant été élargie à celle de la «contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi». La première mouture de cette loi avait en fait déjà été votée par l’Assemblée le 12 octobre 2006 mais, transmise au Sénat, elle y était restée lettre morte. De même, une proposition de loi similaire déposée le 5 juillet 2010 au Sénat y avait été rejetée le 4 mai 2011.

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Robert Badinter : « Le Parlement n’est pas un tribunal »
Mercredi 18 janvier 2012

Tribune de Robert Badinter parue dans Le Monde le 15 janvier 2012.

Par expérience personnelle, je sais combien il est douloureux d’entendre dénier la réalité d’un génocide qui a englouti vos proches les plus chers. Je comprends donc la passion qui anime la communauté arménienne pour que soit reconnu par la communauté internationale, et surtout la Turquie, le génocide arménien de 1915. Et cependant, quelle que soit la sympathie que l’on puisse éprouver pour cette cause, elle ne saurait conduire à approuver la proposition de loi votée par l’Assemblée nationale le 22 décembre 2011 et soumise prochainement au Sénat, qui punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui « contestent ou minimisent de façon outrancière un génocide reconnu comme tel par la loi française ».

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Lois mémorielles : un monstre législatif PDF
Jeudi 05 janvier 2012

Par Françoise Chandernagor, vice-présidente de Liberté pour l’histoire.
Article paru dans Le Figaro le 29 décembre 2011 sous ce titre.

En pénalisant la contestation de tous les génocides qu’aura reconnus la loi française, l’Assemblée nationale vient d’accoucher d’un monstre conceptuel. Un monstre né d’une aberration juridique et d’un non-sens historique.

La loi adoptée le 21 décembre n’interdit pas seulement aux historiens toute recherche sur les circonstances, les modalités et l’ampleur de l’extermination des Arméniens en 1915, elle dote, par avance, d’un mécanisme de répression automatique la minimisation de tout crime du passé qu’il plaira à notre Parlement de qualifier de génocidaire.

Juridiquement, il s’agit là d’une quadruple hérésie.

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Loi sur les génocides : une bataille perdue, pas la guerre PDF
Lundi 02 janvier 2012

Par Pierre Nora, Président de Liberté pour l’histoire.
Article paru dans Le Monde le 28 décembre 2011 sous le titre Lois mémorielles : pour en finir avec ce sport législatif purement français.

On ne pouvait imaginer pire. Et si le Sénat devait confirmer cette funeste loi sur « la pénalisation de la contestation des génocides établis par la loi », ce sont les espoirs de tous ceux qui ont désapprouvé la généralisation des lois mémorielles et tous les efforts de l’association Liberté pour l’histoire depuis sa création, en 2005, qui se trouveraient anéantis. À peine y avait-il une cinquantaine de députés en séance pour voter à main levée. Je ne doute pas que les plus conscients d’entre eux ne tarderont pas à se mordre les doigts devant les conséquences de leur initiative. L’ampleur du désastre est telle qu’il faut reprendre la question à zéro.

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Adoption de la décison-cadre européenne au 17 mai 2011
Mercredi 25 mai 2011

(Mis à jour le 18 octobre 2011)
Rapport de Luigi Cajani, lu à l’assemblée générale de Liberté pour l'Histoire, le 21 mai 2011, à Paris, sur l’adoption de la part des États membres de l’Union européenne de la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil de l’Europe du 28 novembre 2008 sur la « lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal ».

Selon l’article 10.1 de la décision-cadre, tous les États membres auraient dû l’adopter avant le 28 novembre 2010, ce qui n’a pas été le cas pour une bonne partie d’entre eux. À la fin du mois d’avril 2011, seuls quelques pays s’y sont conformé, quoique avec retard, tandis que certains sont en train d’achever la procédure et d’autres, notamment l’Italie, ne l’ont pas encore entamée. Les mesures déjà prises forment en tout cas un tableau significatif par son hétérogénéité, ce qui n’est pas pour surprendre, étant donné les réserves que plusieurs États avaient fait mettre en annexe de la décision-cadre.

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Les lois mémorielles en Russie et en Europe de l’Est
Mercredi 25 mai 2011

Texte d'une allocution de Nikolay Koposov prononcée à l'assemblée générale de Liberté pour l'Histoire, le 21 mai 2011, à Paris.

La politique de l’histoire1 en Europe de l’Est et en Russie est dominée par l’héritage de la Seconde Guerre mondiale, dont la mémoire est beaucoup plus conflictuelle que dans la plupart de pays de l’Ouest. En effet, l’identité européenne telle qu’elle s’est formée dans les années 1970-1990 est largement fondée sur la mémoire partagée de l’Holocauste, à propos de laquelle certains chercheurs ont pu parler de « religion civile » de l’Occident2. Mais le discours des vainqueurs de la guerre, mettant l’accent sur l’unicité des crimes nazis, ne correspond pas exactement à l’expérience historique vécue par les pays de l’Est. À l’issue de la guerre, ces pays avaient été conquis par l’un des vainqueurs, avec le consentement des autres, et la mémoire du communisme, dont l’empire a duré ici beaucoup plus longtemps que l’occupation allemande, est devenue centrale pour la région.

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Génocide arménien : allocution de Robert Badinter au Sénat
Mercredi 04 mai 2011

Paris, 4 mai 2011. Le Sénat a rejeté, par 196 voix contre 74, une proposition de loi socialiste visant à réprimer la négation du génocide arménien de 1915. Au cours des débats, notre ami Robert Badinter a livré l’allocution suivante.

Nul ici sur ces bancs ne remet en cause l’existence du génocide arménien. Chacun a conscience de la cruauté du souvenir pour les victimes, et aujourd’hui pour leurs descendants. La vie m’a appris ce que pouvait signifier ce qu’était le déni de mémoire, le refus de l’existence de ce qui fut. Chacun d’entre nous mesure ce que le révisionnisme peut signifier, il est un des multiples visages de la haine.

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Le Sénat enterre un texte sur la négation du génocide arménien
Mercredi 04 mai 2011

AFP, Suzette BLOCH, 18 h 02.

PARIS. — Le Sénat a enterré mercredi une proposition de loi déposée par des sénateurs PS visant à réprimer la négation du génocide arménien de 1915, à l’issue d’un débat passionné entre partisans et opposants du texte.Les sénateurs ont voté par 196 voix contre 74 une motion de procédure déclarant « irrecevable » ce texte, ce qui équivaut à son rejet.

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Pierre Nora, "L’histoire, la mémoire et la loi en France (1990-2008)"
Vendredi 14 janvier 2011

XXIe Congrès international des sciences historiques, Amsterdam, 23 août 2010.

Les rapports de l’histoire, de la mémoire et de la loi ont connu en France, depuis une vingtaine d’années, une intensité particulière. C’est elle que je voudrais ici mettre en relief, en en rappelant brièvement l’histoire, et les raisons.

Cette histoire débute principalement en 1990 avec la loi Gayssot qui crée, à propos des crimes contre l’humanité, tels que les définit le tribunal de Nuremberg, un délit de « contestation » passible de sanctions pénales, délit qui, deux ans plus tard, va être élargi au crime de « génocide ».

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Lettre ouverte de Pierre Nora à Frédéric Mitterrand sur la Maison de l’histoire de France
Jeudi 18 novembre 2010

Parue dans Le Monde du 11 novembre 2010

Cher Frédéric Mitterrand, je me suis jusqu’à présent abstenu de toute déclaration publique sur le projet de musée ou de Maison de l’histoire de France, parce que, pour n’être pas un bien chaud partisan de cette initiative, je ne partage pas pour autant l’hostilité de principe de beaucoup d’historiens qui la considèrent comme maudite parce qu’elle vient de Nicolas Sarkozy (a-t-on déjà vu des musées créés en dehors de la sphère des pouvoirs publics ?) et surtout la déclarent criminelle parce que consacrée à la France et à son histoire.

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À propos du juge Garzón : échanges entre Pierre Nora et Bartolomé Bennassar
Dimanche 26 septembre 2010

Lettre de Pierre Nora à Bartolomé Bennassar (14 avril 2010)

Cher Bartolomé Bennassar,
Je suis sollicité de divers côtés pour prendre position dans l’affaire du procès du juge Garzón. Mon avis n’est pas totalement éclairé, et je m’interroge sur l'attitude à adopter par l’association Liberté pour l’histoire que je préside. Spontanément, je serais plutôt très prudent.

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À propos d’une décision de la Cour européenne des droits de l’homme
Mercredi 21 avril 2010

Pierre Nora, le 20 avril 2010

À l’automne de 2008, Jean-Marc Sauvé, président du Conseil d’État, m’avait consulté en tant que président de Liberté pour l’Histoire, comme il l’avait fait pour bien d’autres personnalités, sur la suite à donner à des requêtes de descendants de déportés juifs disparus dans les camps de concentration et d’extermination allemands et réclamant solidairement à l’État et à la SNCF une indemnisation pour les préjudices subis par eux. Je lui avais répondu qu’à titre personnel, et sans engager l’association Liberté pour l’histoire, il me paraissait sage de ne pas s’engager dans une telle voie.

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