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Mercredi 01 mai 2013 |
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Josie Appleton s’entretient avec Pierre Nora et Olivier Salvatori Les lois criminalisant la « négation du génocide » ont commencé de faire leur apparition en Europe au cours des années 1990. Initialement, elles ne concernaient que l’Holocauste, avant d’élargir leur objet pour couvrir la négation des « crimes du communisme », ainsi que les génocides d’État reconnus comme tels, par exemple le massacre des Arméniens sous l’Empire ottoman, ou la famine en Ukraine de 1932-1933. Une décision cadre de l’UE, adoptée en 2008, dispose que « l’apologie, la négation ou la banalisation grossière publiques des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre » sera punie d’une à trois années d’emprisonnement. |
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Mardi 29 janvier 2013 |
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Quelques remarques sur la décision-cadre 2008/913/JAI de l’UE relative au racisme et à la xénophobie Par Paolo Lobba 1. INTRODUCTIONLa décision-cadre de l’Union européenne 2008/913/JAI (ci-après nommée la « Décision »)1 est entrée en vigueur après des longues négociations entre les États membres, longueur qui reflétai la nature controversée des questions abordées dans ce texte. La Décision puise ses origines dans les politiques antiracistes conduites par l’UE depuis le milieu des années 1980, et elle couvre une vaste palette de mesures conçues pour contrer le racisme et la xénophobie, notamment la criminalisation de l’incitation publique à la haine et à la violence raciales, la responsabilité des personnes morales et les peines qu’elles encourent, et les réglementations assurant une large application de cette compétence juridictionnelle. |
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Mardi 04 décembre 2012 |
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Rapport moral présenté par Pierre Nora, président de Liberté pour l’histoire, devant l’assemblée générale de l’association le 2 juin 2012 La séance est ouverte et je vous remercie d’être venus. Dans cette grande salle vous paraissez un peu dispersés, mais la qualité de l’assistance suppléera la faiblesse du nombre. Je dirige cette séance sans la coprésidence de Françoise Chandernagor, qui, pour raison de santé, n’a pu se joindre à nous. Je lui transmettrai en votre nom à tous notre amitié et nos vœux de convalescence. Après le rapport que je vais vous faire, nous donnerons la parole successivement à Robert Badinter, qui commentera avec son autorité incontestable, la décision du Conseil constitutionnel qui devrait en principe mettre fin à la longue aventure des lois mémorielles mais qui, en même temps, laisse probablement des possibilités ouvertes, puis à notre ami Luigi Cajani, qui nous a déjà fait l’an dernier l’amitié de nous présenter l’état d’adoption de la décision-cadre européenne dans les différents pays de l’Union et qui a accepté aujourd’hui de revenir faire le point sur cette question. |
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Mardi 04 décembre 2012 |
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C’est un privilège pour moi que de revenir dans cette université de Panthéon-Sorbonne et dans ce même amphithéâtre où j’ai enseigné avec bonheur. Sur le problème qui nous occupe aujourd’hui, je vais vous dire très simplement mon point de vue et proposer un état des lieux sur la question des lois dites mémorielles après la décision du Conseil constitutionnel du 28 février 2012. D’abord, un amer constat : celui de voir les parlementaires, dans les majorités différentes de l’Assemblée nationale et du Sénat, perdre la conscience de ce qu’est la loi. Les lois ne sont pas des panneaux d’affichage à usage électoraliste. Elles sont faites pour régir la cité. Il peut arriver que des lois soient amenées à prendre en compte, à fins de réparations morales ou pécuniaires, des malheurs qui ont frappé certaines communautés dans la cité. Mais il faut y prendre garde. Si la loi doit toujours avoir une mission de régulation, elle ne peut s’exercer que dans le respect de la Constitution, et il n’est pas possible de la dévoyer pour apaiser les douleurs — démarche tout à fait respectable, mais qui peut être prise en considération autrement — de telle ou telle communauté. |
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Mardi 04 décembre 2012 |
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Le 28 novembre 2010 était la date limite pour l’adoption par les États membres de l’Union européenne de la Décision-Cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal. Un an et demi s’est écoulé depuis cette échéance et le tableau est encore incomplet. Quelques États membres manquent encore à l’appel, et, surtout, le tableau est fort différencié. Les États membres qui ont adopté la Décision-Cadre l’ont fait chacun suivant son agenda politique et sa tradition juridique. C’est à la lumière de ce résultat, encore partiel mais déjà très significatif, qu’il faut évaluer l’impact de la Décision-Cadre. En effet, si le sens politique de cette Décision est très clair, là où elle déclare qu’« il est… nécessaire de rapprocher davantage les législations pénales des États membres pour assurer l’application d’une législation claire et complète afin de combattre efficacement le racisme et la xénophobie » (Introduction, § 4), sur le plan juridique ce rapprochement se heurte à plusieurs problèmes relevant des différentes législations nationales, problèmes qui se sont d’ailleurs déjà manifestés pendant la préparation de cette Décision-Cadre et qui en ont retardé l’approbation. |
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Lundi 28 mai 2012 |
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By Pierre Joannon, Consul General of Ireland in the South of France.
The French, no less than the Irish, are obsessed by history. In 1940, Elizabeth Bowen wrote in one of her report from Ireland to the British Ministry of Information: “I could wish that the English kept history in mind more, that the Irish kept it in mind less”1. We may recall, similarly, that the French are not reputed to be suffering from a loss of memory, on the contrary. In consequence, there is nothing that the French or the Irish love quite as much as a good commemoration. |
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Samedi 03 mars 2012 |
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Libération, 29 février 2012 - Interview de Paul CASSIA par Lilian ALEMAGNA Quelle est votre réaction après la décision du Conseil constitutionnel de censurer cette loi ? C’est une bonne décision, attendue par les juristes. Son sens ne faisait pas de doute, hormis pour les auteurs de la proposition de loi, qui avaient tenté de faire prévaloir le supposé «humanisme» dont s’inspirerait leur texte sur le respect de la Constitution. Pourquoi une «bonne décision» ? Elle fait respecter un principe : le Parlement n’a pas à s’ériger en tribunal. Ce n’est pas à lui de qualifier pénalement des faits, et il ne peut, au regard de la Constitution, réprimer un crime qu’il a lui-même qualifié de génocide. Le texte censuré renvoie à la loi du 29 janvier 2001 qui reconnaît le génocide arménien. Le conseil a donc aussi jugé cette loi inconstitutionnelle. |
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Vendredi 27 janvier 2012 |
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Tribune de Michel Winock parue dans Sud-Ouest, le 23 janvier 2012. Le 21 décembre dernier, une cinquantaine de députés votaient la proposition de loi Boyer pénalisant « la contestation des génocides établis par la loi ». Seraient punis d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende « ceux qui contestent ou minimisent de façon outrancière [sic] un génocide reconnu comme tel par la loi française ». Le fond de l’affaire était, sans qu’on le dise, la question arménienne, le génocide qui eut lieu dans le cadre de l’Empire ottoman en 1915 et que l’État turc a toujours nié. L’enjeu véritable de cette proposition présentée en « urgence » était d’ordre électoral : il s’agissait de gagner le ralliement des quelques centaines de milliers de citoyens français d’origine arménienne. |
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Mercredi 29 février 2012 |
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L’été de mes quinze ans, deux livres me feront voir le monde d’une autre façon, Si c’est un homme, de Primo Levi et Un génocide exemplaire : Arménie 1915, de Jean-Marie Carzou. Dès lors la shoah ne cessera de me hanter, ainsi que le génocide arménien, que ma mémoire fredonne sur l’air de Ils sont tombés du grand Aznavour. Je l’évoque dans mon petit Pour Malraux, paru en 1996. Je conserve, comme une relique, Sissouan ou l’Arméno-Cilicie, le mémorial, acheté naguère au Caire, publié par les Frères de Saint-Lazare de Venise après les massacres de 1895, que j’ai fait reproduire à quelques exemplaires pour Pascal Carmont, notre ancien Consul Général à Alexandrie, auteur des Amiras, et pour d’autres amis qui se reconnaîtront. |
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Mercredi 25 janvier 2012 |
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Contestation des génocides reconnus par la loi : un texte contraire à la Constitution, pour la commission des lois. Interview de Jean-Pierre Sueur, président de la commission des lois, 19 janvier 2012. Vidéo de 03:47 minutes. Sénat.fr
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Dimanche 22 janvier 2012 |
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Timothy Garton Ash, The Guardian, 18 janvier 2012. Le projet de loi français sur la négation des atrocités ottomanes commises contre les Arméniens constitue une atteinte à la liberté d’expression, une parmi beaucoup d’autres à travers le monde. Lundi 23 janvier, le Sénat français doit voter une loi criminalisant la négation du génocide des Arméniens de 1915, de même que celle d’autres événements reconnus comme des génocides par la loi française. La loi est déjà passée à l’Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement français. Le Sénat devrait la rejeter, au nom de la liberté d’expression, de la liberté de l’enquête historique et de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (« la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux… »). |
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Mercredi 18 janvier 2012 |
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Texte d’Esther Benbassa, directrice d’études à l’École pratique des hautes études (Sorbonne) et sénatrice Europe Écologie - les Verts du Val-de-Marne, paru dans Libération le 17 janvier 2012. Le 23 janvier, le Sénat débattra d’une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien. Présentée par une députée UMP, elle a été votée à l’Assemblée nationale le 22 décembre 2011 par une poignée de députés. La Commission des lois de l’Assemblée avait modifié son intitulé, la répression de la négation du génocide arménien ayant été élargie à celle de la «contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi». La première mouture de cette loi avait en fait déjà été votée par l’Assemblée le 12 octobre 2006 mais, transmise au Sénat, elle y était restée lettre morte. De même, une proposition de loi similaire déposée le 5 juillet 2010 au Sénat y avait été rejetée le 4 mai 2011. |
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Mercredi 18 janvier 2012 |
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Tribune de Robert Badinter parue dans Le Monde le 15 janvier 2012. Par expérience personnelle, je sais combien il est douloureux d’entendre dénier la réalité d’un génocide qui a englouti vos proches les plus chers. Je comprends donc la passion qui anime la communauté arménienne pour que soit reconnu par la communauté internationale, et surtout la Turquie, le génocide arménien de 1915. Et cependant, quelle que soit la sympathie que l’on puisse éprouver pour cette cause, elle ne saurait conduire à approuver la proposition de loi votée par l’Assemblée nationale le 22 décembre 2011 et soumise prochainement au Sénat, qui punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui « contestent ou minimisent de façon outrancière un génocide reconnu comme tel par la loi française ». |
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