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Accueil International Russie Pétition des historiens italiens pour la liberté de la recherche historique en Russie
Pétition des historiens italiens pour la liberté de la recherche historique en Russie
Vendredi 11 décembre 2009

Le 15 mai dernier, un décret promulgué par le président de la Fédération de Russie a créé une « Commission pour mettre un terme aux tentatives de falsification de l’histoire au détriment des intérêts de la Russie ».

Le 23 juin, V. A. Tiškov, vice-secrétaire de l’Académie des sciences, section des sciences historiques et philologiques, et directeur de l'Institut d'ethnologie et d'anthropologie, a signé un mémorandum à l’appui de ce décret.

Dans ce document, les « directeurs de la section des sciences historiques et philologiques de l’Académie des sciences » doivent fournir une « liste de falsifications historiques et culturelles dans les domaines correspondant au principal champ de recherche de [leur] département (mentionnant les ressources clés, les individus ou organisations qui ont produit et répandu chaque falsification, le danger potentiel de cette falsification pour les intérêts de la Russie, et les propositions préliminaires pour la réfutation scientifique de la falsification) ».

Les soussignés considèrent cette initiative destinée à ériger une « vérité d’État », qui plus est par le biais d’un organisme constitué de fonctionnaires et d’un minuscule pourcentage de véritables chercheurs, comme une preuve supplémentaire de l’évolution nationaliste et autoritaire du régime de MM. Poutine et Medvedev en même temps qu’une insulte à la grande tradition historiographique et culturelle russe qui se trouve être la première victime de cette politique.

La recherche historique étant une activité de portée internationale, nous estimons que l’initiative russe fait courir de graves dangers aux intérêts de la communauté scientifique internationale aussi bien qu’à ceux de la bien plus vaste communauté de ceux qui porteront le deuil de la possibilité de bénéficier d’un savoir libre et conscient.

En conséquence, nous voulons exprimer notre désaccord avec ceux qui ont décidé et mis en œuvre un tel décret aussi bien que notre soutien à ceux qui se battent pour la liberté de la recherche historique en Russie.

Nous sommes conscients qu’il est tentant pour un État de s’ingérer dans l’activité de recherche historique, et pas seulement en Russie. Dans l’Union européenne, par exemple, des « lois mémorielles » ont déjà été introduites, tandis que d’autres menacent de l’être, dans la législation criminelle au détriment de la liberté de pensée et d’opinion.

Nous croyons fermement que seuls des débats ouverts et libres peuvent réfuter des thèses historiographiques, même les plus méprisables. C’est pourquoi nous nous opposons à toute initiative visant à restreindre de tels débats.

Nous invitons le Parlement européen à se prononcer lui-même pour la liberté de la recherche historique et contre toute intrusion de l’État, en Russie comme dans l’Union européenne.

First Signatories : Claudia Covelli, Yuri Guaiana, Alessandro Manea, Gabriele Strazio, Marco Albeltaro, Maria Rosaria Stabili, Margherita Angelini, Fabrizio Fiume, Marco Volante, Bruno Mellano, Michele Strazza, Andrea Graziosi, Emanuele Massa, Umberto Tulli, Ennio Passalia, Luca Balboni, Gian Mario Felicetti, Andrea Quadroni, Fabio Limido, Alex Moma, Ivan Grinko, Bagrianski Vladimir, Anna Komarova, Alexey E. Scripkin, Anna Gerasimova, Sergey Konstantinov, Artem V. Miheev, Alexander Hots, Resnik Roman, Guri Schwarz, Carlo Ciacchin, Vito Liotine.

Publiée sur le site italien blogStoria.