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Accueil International Allemagne L’association des historiennes et historiens d’Allemagne rejette l’usage de l’expression "camp de concentration polonais"
L’association des historiennes et historiens d’Allemagne rejette l’usage de l’expression "camp de concentration polonais"
Mercredi 05 février 2014

Communiqué de presse, Francfort-sur-le-Main, le 19 janvier 2014.

Des expressions du type « camp de concentration polonais » sont aberrantes ; elles risquent d’induire des représentations complètement erronées sur la responsabilité des crimes nazis. Toutefois, sur la base de l’« Appel de Blois », l’Association des historiennes et historiens d’Allemagne (Verband der Historiker und Historikerinnen Deutschlands-VHD) manifeste son scepticisme face au projet de pénalisation d’une liste de concepts actuellement à l’étude en Pologne. C’est face à l’opinion publique et dans le cadre de l’enseignement de l’histoire qu’il convient de rectifier les conceptions fallacieuses qu’on se fait de la criminalité allemande dans la Pologne occupée au cours de la Seconde Guerre mondiale.

« Dans un État libre, il n’appartient à aucune autorité politique de définir la vérité historique et de restreindre la liberté  de l’historien sous la menace de sanctions pénales. » Voilà ce contre quoi se sont élevés, en 2008, des historiens et spécialistes en sciences humaines de renom en lançant l’« Appel de Blois ». Le VHD partage cette préoccupation à la lettre et il s’inquiète du risque de voir l’institutionnalisation de vérités d’État par la loi, ce qui peut « entraîner des conséquences graves pour le métier d’historien et la liberté intellectuelle en général. »

Un texte législatif discuté actuellement en Pologne prévoit l’introduction dans le droit pénal d’un véritable arsenal juridique visant à  réprimer l’usage de certains concepts et thèses. Au regard de la déclaration de Blois, le scepticisme s’impose face à une telle perspective. En effet, la lutte contre les falsifications conceptuelles ou interprétatives, relève avant tout de la critique et de l’espace public.

C’est pourquoi le VHD en appelle à l’opinion publique allemande et tout particulièrement aux enseignants ainsi qu’à tous les acteurs de la discipline historique pour se mobiliser afin d’empêcher la prolifération d’expressions erronées désignant les crimes allemands commis en Pologne au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le professeur Martin Schulze Wessel, président du VHD, déclare à ce sujet : « Parler de “camps de concentration polonais” — par distraction dans le meilleur des cas — n’est rien d’autre qu’une aberration. Une telle formule attaque l’idée même de responsabilité pour les crimes nazis. » C’est principalement dans l’enseignement de l’histoire qu’un travail devrait être mené de façon cohérente pour lutter contre les notions fausses qui altèrent la qualification des crimes de l’Occupation nazie.

Contact : Dr Nora Hilgert, directrice, Verband der Historiker und Historikerinnen Deutschlands, Goethe-Universität Frankfurt, Grüneburgplatz 1, 60323 Francfort-sur-le-Main, tél +49 69 79832571, e-mail Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

L’Association des historiennes et historiens d’Allemagne (VHD) représente les intérêts de la discipline historique auprès de la société civile et de l’administration ; elle soutient la constitution d’un réseau scientifique d’historiens et se donne pour mission de faire progresser la connaissance scientifique. Elle organise tous les deux ans le Congrès des historiens allemands. Elle compte actuellement 2 800 membres.

Frankfurter Allgemeine Zeitung, 2 janvier 2014 : « Partage des tâches »

Des historiens protestent contre la pénalisation de concepts historiques

Au cours des dernières années, des expressions comme « camps de concentration polonais » ont fait leur apparition dans plusieurs articles de la presse européenne, pour désigner les camps installés dans la Pologne occupée par les Allemands. Le président américain Barack Obama avait même, dans un discours tenu à la mi-2012, parlé de « camps polonais  de la mort » et a dû par la suite s’excuser pour cette bourde. Depuis longtemps déjà, le gouvernement polonais travaille à la mise en place d’un dispositif légal visant à sanctionner l’usage de ce vocabulaire. L’Association des historiens allemands (VHD), dans un communiqué de presse, exprime maintenant son scepticisme face à un tel développement. C’est devant l’opinion publique et par des mesures pédagogiques qu’il convient de lutter contre les expressions fallacieuses sur les crimes commis par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Sanctionner pénalement des concepts, comme l’envisage un amendement actuellement discuté en Pologne, ne saurait conduire qu’à l’établissement de « vérités d’État instituées par la loi » avec de graves conséquences sur le métier d’historien et la liberté intellectuelle. Le président du VHD, l’historien de Munich et spécialiste de l’Europe de l’Est, Martin Schulze, estime que « Parler de “camps de concentration polonais” — dans le meilleur des cas par distraction » constitue une « aberration ». Cela induit une vision complètement fausse de la responsabilité des crimes nazis. C’est surtout dans l’enseignement de l’histoire que doit être mené de façon cohérente « un travail  […] pour lutter contre les notions fausses qui altèrent la qualification des crimes de l’Occupation nazie ».